Le Médecin malgré lui
Ruy Blas
Les fourberies de Scapin

Le Médecin malgré lui de Molière

Pour se venger de son mari, Martine le fait passer pour médecin. Voici le malheureux rossé pour qu’il avoue ! On le mène dans la maison de Géronte, où il est contraint de soigner la fille du vieillard, devenue subitement muette... Notre médecin de fortune s’en tire, provisoirement, à grand renfort de latin de cuisine. On le paie même grassement... pour n’avoir rien dit. Comment ne prendrait-il pas goût au rôle ? Le nouvel Hippocrate latinise, pérore à tour de bras, escroque, et commence à développer une brillante clientèle. Mais l’imprudent ! Abuser de son habit pour séduire une servante... Il manque se faire assommer par le mari. Et puis il y a Lucinde, la muette, qui veut fuir avec un galant. Quelle idée de tremper dans son stratagème ! Le pauvre Sganarelle n’a pas le temps de se sauver lui-même. Rattrappé, convaincu d’escroquerie, il est mené à l’ombre du gibet... La farce finirait mal, si le larron n’était sauvé in extremis... par un deus ex machina !


PAROLES DU METTEUR EN SCÈNE

Ivrogne patenté, roublard grandiloquent, intéressé et lubrique, Sganarelle n’a de sympathique que son nom, la patte de Molière... et ses illusions. C’est un rêveur impénitent. Forcé de revêtir malgré lui l’habit de médecin, il ne tarde pas à s’identifier à sa robe. Consultations burlesques, abus de pouvoir, délires scatologiques, il ne nous épargnera rien. Jusqu’à ce que sa folie le conduise, tel Scapin, à l’ombre du gibet...

Le Médecin malgré lui est une plaisanterie énorme, pleine d’imbroglios, de pots de chambre qu’on hume et de coups de bâton. Émule de Tabarin, Molière déploie dans ses farces la grande tradition du Pont-neuf.

C’est aussi une rêverie immense, toute empreinte de ce je-ne-sais-quoi d’élégance trouble qui, en sus des lazzi, fait le charme de la comédie italienne.

Nous avons pensé à Fellini. Nous avons choisi de lui emprunter musiques et ambiances. Il y a chez le Maestro, comme d’ailleurs chez Chaplin, ce mélange de réalisme et de poésie, de burlesque et d’équivoque, qui, du Barbouillé à Scapin, nous interpelle tant chez Molière. Au-delà des rires gras qu’ils suscitent, des ordures dans lesquels ils pataugent, des lazzi et autres tabarinades, leurs clowns, derrière le masque, ont les yeux grand ouverts. Grand ouverts sur le rêve...

Pour notre plus grand bonheur, et nous l’espérons pour le vôtre, le ciel, si vous le voulez bien, le ciel s’habillera ce soir en Scaramouche...

Le Médecin malgré lui a reçu le soutien de la Région Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et de la Ville de Strasbourg.
Ce spectacle est co-réalisé par le Théâtre Le PréO d'Oberhausbergen.



Hortense a dit : « Je m’en fous !» de Feydeau

Molière, Feydeau : il est assez naturel de les mettre sur le même théâtre. N’a-t-on pas dit justement de Feydeau qu’il était notre plus grand comique… après Molière ? Or ils traitent ici du même thème : celui de la médecine. Hortense a dit : « Je m’en fous ! », c’est l’histoire du dentiste Follbraguet, tiraillé entre son art et sa vie privée. Marcelle, sa femme, le somme de mettre à la porte Hortense, la bonne, qui s’est permis de lui parler avec insolence. Mais Hortense a bien du charme… et le docteur bien des faiblesses. De là du drame, des atermoiements, et pas mal de désagréments pour les patients pris au cœur de la tempête.