Le Jeu de l’Amour et du Hasard
Le Malade Imaginaire
Le Misanthrope

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Le Malade imaginaire

Dans le Malade imaginaire, Molière décrit une fois de plus un dangereux maniaque, un tyran domestique qui ne craint pas de sacrifier sa fille aimée à son égoïsme, et la menace très sérieusement de l’enfermer dans un couvent.

Il y met cette rugosité d’inspiration, dont Aristophane a donné le modèle, et qui a fait le bonheur des tréteaux du Pont-neuf : au-delà des lazzi acceptables, le Malade imaginaire est tout rempli de purges et de lavements, Argan nage joyeusement… dans la scatologie !

Il y a aussi cette note cauchemardesque qui marque la fin de tant de comédies de Molière, lorsque le réel se dissout, que les obsessions qui obscurcissent la raison du héros s’imposent, et s’incarnent à l’avant-scène en grandeur nature.

Il y a enfin l’essentiel : la comédie de la mort, et de la peur de la mort. Ecrivant et trouvant la force de représenter quatre fois cette gigantesque bouffonnerie qu’est le Malade imaginaire, un vrai moribond et pitre sublime livre à son public la plus étonnante leçon d’optimisme qu’il puisse lui léguer : il profère son dernier éclat de rire aux portes de l’Au-delà.

« C’est donc là le pauvre Molière
Que l’on porte dans le cimetière ? »
En le voyant passer, dirent quelques voisins.
« Non, non, dit un apothicaire,
Ce n’est qu’un mort imaginaire
Qui se raille des médecins… »