Le Jeu de l’Amour et du Hasard
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Le Jeu de l’Amour et du Hasard

Après Les Fausses Confidences présentées il y a trois saisons, Le Jeu de l’Amour et du Hasard ; après le chef-d’œuvre de la maturité, celui de la jeunesse. C’est la sixième œuvre de Marivaux que nous mettons à notre répertoire. Six : le chiffre de l’Amoureux dans le Tarot. N’y aurait-il pas là comme une logique ?…

Parfaite héroïne de Marivaux, Silvia est empreinte de délicatesse. Avide d’amour, elle craint les aléas du mariage. « L’oiseau de passage qui vole à plein cœur ne dort pas en l’air comme une hirondelle, et peut d’un coup d’aile briser une fleur… » Silvia décide donc de soumettre Dorante à une épreuve. Il ne l’a encore jamais vue : elle va se déguiser en soubrette pour pouvoir l’observer à loisir et juger de la pureté de ses sentiments. Or il se trouve que Dorante a eu la même idée, et se présente lui-même travesti…

Nous voici plongés d’emblée dans les lacs subtils de la plus raffinée des féeries marivaudiennes. D’autant que les valets se sont déguisés eux-aussi, que la famille de Silvia, au courant de l’intrigue, en manie tous les fils. Que d’imbroglios en perspective !…

Mais le Jeu de l’Amour ne se résume pas à une comédie d’intrigue. Marivaux y déploie tous les trésors de son observation psychologique. A travers la finesse inégalée de sa langue – le fameux « marivaudage » - il y laisse entrevoir des mobiles moins purs que ceux qu’avouent les protagonistes. Peintre des idéaux de l’amour, l’auteur se plaît à en dévoiler aussi les non-dits, les mensonges… Marivaux, peintre de la cruauté ?